Marie Khincouloff et Les Jeux Artistiques

En fondant Les Jeux Artistiques en 1953, Marie Khincouloff donne naissance à l'une des entreprises françaises les plus réputées pour la qualité de ses puzzles en bois. Ancienne collaboratrice de Vera, elle développe une conception exigeante du métier fondée sur la précision de la découpe, la qualité des matériaux et une fabrication entièrement artisanale.

  • Marie Kurtz est née le 21 octobre 1897 à Kichinev en Russie ; elle est la quatrième d'une famille de 7 enfants. Elle épouse Michel Khincouloff et émigre en France entre 1927 et 1930 avec son mari qui devient chauffeur de taxi à Paris.

  • Mme Khincouloff commence à travailler au sein de la société Vera mais la vision du métier est de plus en plus différente entre les deux émigrés russes : Mme Khincouloff exige la qualité la plus parfaite, Mr Tchertoff souhaite produire le plus possible. Les rapports deviennent très conflictuels et la séparation est décidée en 1952.

  • 1953 : elle crée l'entreprise "Les Jeux Artistiques" pour appliquer ses méthodes de fabrication.

  • La société est basée à Boulogne (92) 38 rue du Vieux-Pont-de-Sèvres - RCS : 56 B 5035 puis 562 050 351 Paris - 1 établissement : 6 rue Sergent Maginot - 75016 Paris qui est aussi le domicile des Khincouloff.

  • L’orientation prise par Mme Khincouloff et sa fille Nina qui travaille avec elle est délibérément celle de la qualité très haut de gamme de la découpe, et du côté artistique du métier ; la technique doit être parfaite. Nina est née le 3 janvier 1921 à Kichinev en Russie et meurt le 25 décembre 2002 à Paris 13ème. Ingénieur EPF (Ecole Polytechnique Féminine), elle fait de la résistance pendant la seconde guerre mondiale et est déportée à Ravensbrück en août 1944.

  • Le caractère très difficile, voire tyrannique de Marie Khincouloff rend la vie très difficile à ses salariés. Michèle Wilson, la créatrice de la société éponyme, en sait quelque chose : elle fait la connaissance de Marie Khincouloff par l'intermédiaire de Melle Lucie Wolt, propriétaire du magasin "Oiseaux de Paradis" bd St Germain à Paris. Michèle Wilson est immédiatement embauchée comme simple ouvrière. Pendant 9 mois, elle apprend le métier : collage, découpe… et y compris à planter un clou droit ! Elle fait en même temps toutes les tâches ingrates que Mme Khincouloff lui demande : ménage, service du thé… ce qui l’amène un jour à claquer la porte.

  • La vie de l'entreprise est chahutée par un ambassadeur africain qui, ayant acheté chez Prisunic un puzzle de l'entreprise représentant une carte d'Afrique, s'aperçoit que la carte est encore celle de la période coloniale d'avant-guerre. Furieux, il porte plainte au Quai d'Orsay qui fait immédiatement retirer tous les puzzles de chez Prisunic.

  • Conserve jusqu'à la fin des méthodes de fabrication très artisanales, par exemple le collage toujours réalisé sur une plaque de zinc.

  • 1980 : Mme Khincouloff cherche à vendre son entreprise, notamment à Tic et Patte.

  • La société est radiée le 06/04/81.

Sources : Travail de recherche de l'auteur, Marie-Anne Baschevici, petite nièce de Marie Khincouloff