Michèle Wilson
L’histoire des Puzzles Michèle Wilson est très étroitement liée avec la vie personnelle de Michèle Wilson (MW). L’interaction entre les deux est en effet permanente, et les frontières impossibles à déterminer. Les Puzzles d’Art Michèle Wilson, c’est Michèle Wilson, et inversement.
Chronologie :
· 20 juillet 1931 : naissance de Michèle Gricourt au domaine de Trémont à Plottes (71700).
· Jusqu'en 1960 : participation à la vie du domaine de Trémont qui accueille des hôtes payants étrangers dès 1938, héberge la famille pendant la guerre, et reçoit ensuite de très nombreux étudiants étrangers (anglais, américains, allemands...), dont Patrick (Pat) Wilson dès 1953.
· 1960 : découverte du puzzle grâce à Philippe David, qui découpe des images sur contreplaqué avec une scie sauteuse. Michèle Wilson s’initie à la découpe avec lui.
· 1963 : mariage avec Patrick Wilson, “une grosse erreur” selon Michèle.
· 1964-1965 : séjour en Sierra Leone pour accompagner son mari mais les conditions climatiques très difficiles les obligent à rentrer en France.
· 1965-1966 : activité comme ambulancière à la Croix Rouge de Mâcon (71).
· 1967-1972 : début de la production artisanale de puzzles avec Brigitte Savigneux
· 1972 : rencontre de Thérèse Brémenson par l’intermédiaire de leur médecin.
· 1973 : suite à des problèmes familiaux, elle monte à Paris avec toutes ses fabrications. C’est le début d’une année charnière dans l’histoire de Michèle Wilson :
Avec l’aide de Thérèse, elle participe à une exposition dans la Cité Universitaire de Paris ;
suite à des problèmes familiaux, Michèle Wilson monte à Paris avec ses produits. Avec l’aide de Thérèse, elle organise une grande exposition à la Cité U.
C’est ensuite le début de la notoriété avec une vraie démarche commerciale et des contacts avec les grands détaillants de jouets parisiens : "Le Train Bleu", "Le Nain Bleu", "L’Oiseau de Paradis" bd St Germain… Le packaging se sophistique un peu avec l'apparition des premières boîtes en toile rouge et celles fermées par un couvercle transparent ;
lors de ces démarches, MW fait ainsi la connaissance de Lucie Woltz ("Grande, maigre et protestante"), propriétaire du magasin L'Oiseau de Paradis. Ce rendez-vous est vraiment déterminant pour MW qui entend Lucie Woltz lui dire : "vous avez de vrais atouts mais la découpe de vos produits n'est pas assez professionnelle !". Elle présente MW à Mme Khincouloff ("petite bonne femme rondelette") de la société "Les Jeux Artistiques" à Boulogne => MW est immédiatement embauchée comme simple ouvrière ;
pendant 9 mois, MW apprend le métier : coller, découper… et y compris planter un clou droit ! Elle fait en même temps toutes les tâches ingrates que Mme Khincouloff lui demande : ménage, service du thé, etc. Ceci l’amène un jour à claquer la porte, mais pour revenir le lendemain sur les bons conseils de Thérèse ;
MW commence par se former à la découpe des puzzles pour enfants ; ils ont cependant la particularité d’exiger des boucles rondes parfaites, ce qui permet à Mme Khincouloff d’exercer son acrimonie en permanence contre MW ;
MW est ensuite licenciée pour laisser sa place à un ancien salarié de retour de son service militaire.
· 1974 :
MW, ne pouvant accepter de rester au chômage, prend contact avec Robert Tchertoff, dont le père Alexandre Tchertoff est le créateur des Établissements Vera. Il l’embauche immédiatement au vu de son expertise : "Enfin quelqu’un qui connait ce qu’est un puzzle !"
Elle s’installe pour poursuivre sa formation avec deux découpeuses très professionnelles (Colette Sargent qui rejoindra ensuite la future entreprise de MW, et "Nana" qui a été à l’origine des puzzles Rex de l’entreprise Vera). Les journées sont dures : 9h de travail par jour, 1000 pièces à l’heure, paiement au rendement.
Suite à une étourderie commise en fumant près de sa scie (son mégot de cigarette a été avalé par l’aspirateur de la scie), MW s’installe toute la nuit à côté du bidon de sciure pour le surveiller. Robert Tchertoff la rejoint et ils lancent ensemble le projet d’un département Puzzle Michèle Wilson au sein de Vera. L’idée d'une entité Puzzle d'Art Michèle Wilson est née, mais cette discussion restera malheureusement sans suite avec Vera ;
MW quitte Vera et s’installe chez un de ses neveux, fabricant d’objets en plexiglas et lance ses premières vraies fabrications.
· 1975 : création des Puzzles d’Art Michèle Wilson
· 1975-1997 : gestion de l’entreprise
· Vers 1976-77, le célèbre affichiste Raymond Savignac fait un séjour au domaine de Trémont. La simplicité et l'humour de ses affiches (comme celles pour Monsavon ou Air France) trouvent un écho auprès de Michèle. C'est à cette époque que de nombreuses affiches de Savignac ont été adaptées en puzzles, devenant des classiques de la collection Michèle Wilson.
· 1993 : premiers contacts avec des repreneurs par suite de l'accumulation de fatigue
· 6 août 1997 : cession du fonds de commerce et de la marque à Mme Sophie Ollé-Laprune.
· 1997-2007 : relance du domaine de Trémont près de Plottes (71) par la création de chambres d’hôtes.
· 2007 : retrait de la vie active. MW s’installe alors définitivement avec son amie Thérèse Brémenson dans l’ancienne chapelle du domaine.
· 29 mars 2015, décès de Michèle Wilson à Plottes (71) à l’âge de 83 ans.
Source : Travail de recherche de l'auteur
